Gif animé
lamanivelle.org
Lectures diverses

> Écouter un extrait :

Les Orties noires
(C. Vigée)
0’34 – 138 Ko

Maxime Alexandre

Avril 2006

Maxime Alexandre (1899-1976) est né à Wolfisheim près de Strasbourg ; il est issu d’une famille alsacienne, bourgeoise, de religion juive. En juillet 1914, il est contraint d’abandonner sa langue natale. C’est un choc qui marque la fin de son enfance à l’âge de quinze ans. Séjour en Suisse pendant la guerre ; il fréquente les intellectuels pacifistes autour de Romain Rolland. En 1923, il rencontre Louis Aragon qui l’emmène à Paris pour participer au mouvement surréaliste avec André Breton.

Ses premiers poèmes sont écrits en langue allemande ; vers la fin des années vingt, il publie ses ouvrages en français. Pendant l’entre-deux-guerres, Maxime Alexandre déménage sans cesse et change souvent d’activité (journaliste, professeur de lettres, traducteur…) En 1949, il se convertit au catholicisme. Sa vie sera marquée par de fortes contradictions : déchiré par le bilinguisme, il oscille entre le romantisme, l’expressionnisme allemand et le surréalisme français, et il est divisé entre ses passions pour le catholicisme et le communisme.

Nous présentons un choix de poèmes en français et en allemand ; des extraits en prose, des hommages (à Hans Arp, aux poètes contemporains, aux romantiques allemands…), des traductions de Hölderlin, de Hans Arp, des extraits d’articles de presse, extraits encore d’une séance avec le groupe surréaliste (sur la sexualité), quelques poèmes mis en musique, et la magnifique Elégie de Wolfisheim… Quelques hommages complètent ce moment suspendu de lectures avec musique et chant.

Élégie de Wolfisheim (très court extrait)

… je suis né dans la maison d’un village situé entre un certain ciel et un certain champ de fleurs.
Guten Abend, gute Nacht
Mit Rosen bedacht…

C’est de l’allemand, han’r verstande ? Voilà que je me mets à parler alsacien, ce ne sont pas des manières ! Je retourne à l’école…

Il n’est pas content, le Herr Lehrer, il faut se décider, Alexandre, il faut parler allemand ou français !… L’alsacien, le français, l’allemand, que de langues, oui, plaignez-moi Herr Lehrer ! Tout cela fourré dans ma tête comme dans le tiroir à linge d’un vieux philosophe ! Mes rêves, heureusement, n’en ont pas souffert… Je n’ai plus rien appris depuis l’enfance. Quelques images qui m’en restent sont tout ce que je possède.

Plus loin que le jardin de Wolfisheim, à l’endroit
Où le fleuve provincial et modeste
Rejoint son grand frère, Monseigneur le Rhin,
A l’heure où la parole se forme dans la bouche,
J’ai vu le premier soleil, le premier nuage.

Maxime Alexandre

Académie des Marches de lEst

2003

À la demande de l'Académie, nous avons présenté une lecture chantée au Musée d'art moderne de Strasbourg en 2003 sur le thème du temps.

Photo de Jean-Marie Hummel et Liselotte Hamm

Photo Jean-Louis Hess

« […] Liselotte Hamm renversant le sable des bouteilles dans un tambourin en bois qui devient instrument de musique et que la comédienne inclinera en l’accompagnant du balancement de sa longue chevelure. D’autres instruments tels qu’un bâton de pluie, un harmonica, des jeux de percussions reproduiront à leur manière le langage du temps. Mais le temps s’évade soudain dans un chant aux envolées orientales « Nomade » de Michèle Bernard magnifiquement interprété par Liselotte qui laisse au public conquis une dernière image dansante de ce récital. »

Aurélie Ondine Menninger
Hebdoscope